Lundi 13 juillet 1970
Nous sommes réveillés par des cris d'enfants. Des tas de petites filles et de petits garçons, tous noirs, courent et jouent dans le parc. Quelques uns des Quakers que nous avons vus hier les surveillent et organisent les activités. "Cela ressemble tout à fait à une colonie de vacances," dis-je à Francis. Il sourit. Nous sommes tous deux ex moniteurs et nous avons à ce moment une pensée rapide pour les colons de Chamborigaud et Longeville...
Bientôt un dame se dirige vers nous. Présentations. Je lui explique notre présence mais elle est déjà au courant. "-Tout le fond du parc est à vous, les enfants ne vous dérangeront pas; d'ailleurs, nous allons bientôt partir pour la piscine avec les garçons.
- La piscine? euh Madame, pouvons-nous vous accompagner?
- Mais bien sûr, il doit y avoir des places libres dans une voiture."
Pas de toilette ce matin, le ruisseau traverse une usine de colorants quelques miles en amont et l'eau n'est claire que le samedi et le dimanche quand l'usine est fermée. Nous roulons en direction de Newton. La conductrice nous explique que chaque quaker doit essayer par tous les moyens de rendre service à ceux qui sont dans le besoin. Elle est la femme d'un riche Américain et avec ses amies elle a choisi de venir en aide à ces petits noirs en s'occupant d'eux pendant une semaine.
La piscine vers laquelle nous nous dirigeons appartient à une famille quaker qui la met gracieusement à leur disposition. Nous y sommes. Magnifique villa entourée d'une pelouse au milieu de laquelle se trouve la piscine. La propriétaire, Mme Hollister, nous reçoit. Elle est institutrice et parle très bien français. Notre visite la surprend mais son accueil est très chaleureux. Il fait très chaud comme toujours. L'eau est délicieuse... Les petits colons sont repartis. Mme Hollister nous a invités à déjeuner. Le lunch est très américain. Assis dans le jardin, à l'ombre d'un grand arbre, nous faisons semblant d'apprécier une salad cream et autres sauces trop originales pour notre palais français.
Les Hollister sont des gens riches. Outre la piscine, ils ont cinq voitures, le téléphone dans toutes les pièces, TV couleur et une deuxième villa au bord de la mer. Ils ont quatre enfants, une fille, Marie, qui doit rentrer demain, et trois fils. L'un est actuellement en Europe. Après des études d'ingénieur, il est parti à l'aventure en stop sur les routes du vieux continent, vêtu d'un jean et d'une peau de mouton. Le second est objecteur de conscience dans le ghetto noir de Philadelphie. Le troisième s'est suicidé... la drogue, encore et toujours, nous explique Mme Hollister. Il y a quelques mois seulement, sa voix tremble ses yeux rougissent... Je détourne très rapidement la conversation.
L'après-midi c'est aux petites filles de venir goûter aux joies de la baignade. Après leur départ, Mme Hollister nous emmène à Trenton où elle doit faire quelques courses. Puis elle nous propose de visiter quelques écoles américaines. Deux high schools qui correspondent à nos lycées. L'une est privée et les droits d'inscription sont très élevés. L'autre est publique mais presque aussi bien équipée, seuls les effectifs des classes sont plus chargés. "Vingt-cinq élèves parfois, soupire l'institutrice, C'est difficile d'enseigner dans ces conditions". Je préfère ne pas lui dire combien il y a d'élèves dans les classes du premier cycle en France... D'ailleurs je suis incapable de rien dire tellement je suis impressionné par ce lycée américain. Piscine, télévision, magnétos pour les études des langues, gymnases, mieux équipés et plus nombreux que dans un CREPS français... Francis s'émerveille devant les installations du département de technologie et pourtant il étudie à Arlon dans un lycée "technique". On nous présente ensuite les salles où les filles ont cours de cuisine : Incroyable! Pour deux élèves, une cuisine qu'envieraient bien des ménagères françaises... Il y a encore une grande salle pour les conférences, le cinéma et le théâtre -- un auditorium disent les Américains -- aussi luxueuse et confortable qu'un cinéma parisien sur les grands boulevards, il y a même un salon avec canapé, fauteuils où les élèves peuvent venir se détendre un moment. Nous avons du mal à croire ce que nous voyons et entendons. Ainsi cette jeune fille :"Nous sommes en classe de français et il arrive que le prof remplace le cours par une discussion -- en français bien sûr-- que nous tenons chez lui le soir en buvant une tasse de café."Malgré toutes ces facilités, les élèves américains, les plus jeunes surtout, détestent autant l'école que leurs camarades français et ils sont heureux d'être en vacances...
Le soir nous faisons connaissance avec M. Hollister, un grand Américain d'un mètre 85 à l'allure très sportive. Je le chambre un peu sur l'équipe US d'athlétisme. Il sourit et en guise de réponse pointe son doigt vers le ciel en direction de la Lune. "Oui, mais nous on est allé là-haut, pas vous. Regarde bien, on voit la bannière étoilée..."
Il est presque 19h, M. Hollister s'affaire autour du barbecue. Il est affamé. D'habitude les Américains dinent entre 17 et 18h. Le repas est excellent. Je mange du maïs pour la première fois: l'american sweet corn est vraiment différent de notre maïs. Plus tard dans la soirée nous irons déguster une énorme ice cream dans une maison spécialisée. C'est noir de monde, les Américains raffolent de glaces.
La piscine vers laquelle nous nous dirigeons appartient à une famille quaker qui la met gracieusement à leur disposition. Nous y sommes. Magnifique villa entourée d'une pelouse au milieu de laquelle se trouve la piscine. La propriétaire, Mme Hollister, nous reçoit. Elle est institutrice et parle très bien français. Notre visite la surprend mais son accueil est très chaleureux. Il fait très chaud comme toujours. L'eau est délicieuse... Les petits colons sont repartis. Mme Hollister nous a invités à déjeuner. Le lunch est très américain. Assis dans le jardin, à l'ombre d'un grand arbre, nous faisons semblant d'apprécier une salad cream et autres sauces trop originales pour notre palais français.
Les Hollister sont des gens riches. Outre la piscine, ils ont cinq voitures, le téléphone dans toutes les pièces, TV couleur et une deuxième villa au bord de la mer. Ils ont quatre enfants, une fille, Marie, qui doit rentrer demain, et trois fils. L'un est actuellement en Europe. Après des études d'ingénieur, il est parti à l'aventure en stop sur les routes du vieux continent, vêtu d'un jean et d'une peau de mouton. Le second est objecteur de conscience dans le ghetto noir de Philadelphie. Le troisième s'est suicidé... la drogue, encore et toujours, nous explique Mme Hollister. Il y a quelques mois seulement, sa voix tremble ses yeux rougissent... Je détourne très rapidement la conversation.
L'après-midi c'est aux petites filles de venir goûter aux joies de la baignade. Après leur départ, Mme Hollister nous emmène à Trenton où elle doit faire quelques courses. Puis elle nous propose de visiter quelques écoles américaines. Deux high schools qui correspondent à nos lycées. L'une est privée et les droits d'inscription sont très élevés. L'autre est publique mais presque aussi bien équipée, seuls les effectifs des classes sont plus chargés. "Vingt-cinq élèves parfois, soupire l'institutrice, C'est difficile d'enseigner dans ces conditions". Je préfère ne pas lui dire combien il y a d'élèves dans les classes du premier cycle en France... D'ailleurs je suis incapable de rien dire tellement je suis impressionné par ce lycée américain. Piscine, télévision, magnétos pour les études des langues, gymnases, mieux équipés et plus nombreux que dans un CREPS français... Francis s'émerveille devant les installations du département de technologie et pourtant il étudie à Arlon dans un lycée "technique". On nous présente ensuite les salles où les filles ont cours de cuisine : Incroyable! Pour deux élèves, une cuisine qu'envieraient bien des ménagères françaises... Il y a encore une grande salle pour les conférences, le cinéma et le théâtre -- un auditorium disent les Américains -- aussi luxueuse et confortable qu'un cinéma parisien sur les grands boulevards, il y a même un salon avec canapé, fauteuils où les élèves peuvent venir se détendre un moment. Nous avons du mal à croire ce que nous voyons et entendons. Ainsi cette jeune fille :"Nous sommes en classe de français et il arrive que le prof remplace le cours par une discussion -- en français bien sûr-- que nous tenons chez lui le soir en buvant une tasse de café."Malgré toutes ces facilités, les élèves américains, les plus jeunes surtout, détestent autant l'école que leurs camarades français et ils sont heureux d'être en vacances...
Le soir nous faisons connaissance avec M. Hollister, un grand Américain d'un mètre 85 à l'allure très sportive. Je le chambre un peu sur l'équipe US d'athlétisme. Il sourit et en guise de réponse pointe son doigt vers le ciel en direction de la Lune. "Oui, mais nous on est allé là-haut, pas vous. Regarde bien, on voit la bannière étoilée..."
Il est presque 19h, M. Hollister s'affaire autour du barbecue. Il est affamé. D'habitude les Américains dinent entre 17 et 18h. Le repas est excellent. Je mange du maïs pour la première fois: l'american sweet corn est vraiment différent de notre maïs. Plus tard dans la soirée nous irons déguster une énorme ice cream dans une maison spécialisée. C'est noir de monde, les Américains raffolent de glaces.
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