mercredi, janvier 19, 2011

Journal Miami - 3

Samedi 15 janvier 2011


Première nuit au Mutiny hotel de la chaîne SUMMIT ; la dernière fois que j'ai tenté d'entrer dans un hôtel SUMMIT à Marrakech en novembre dernier, c'était le ES SAADI, j'ai été refoulé car on n'entre pas dans ce palace en bermuda ; Karolle avait visité seule et en était ressortie émerveillée.

Il y a un Summit à Bruxelles, le Métropole, quatre en France dont  deux  à Paris, un à Venise sur le Grand Canal et dans tous les hauts lieux touristiques des cinq continents. Cet hôtel de luxe consent des tarifs exceptionnels aux universitaires. J'avais déjà bénéficié de ce privilège  au Hilton  University de Los Angeles en 1970.

J'ouvre l'œil avec deux horaires dans le corps, ceux de Metz et de Miami, séparés de 6 heures. Je n'ai pas eu le temps d'apprécier le confort de ma "chambre" avant de m'endormir tellement j'étais las et nerveux. Là, j' ai le temps d'apprécier. Les teintes pastel sont découpées par le noir d'ébène des meubles, le lit est king size pour me rappeler un manque, la chambre est spacieuse, avec un coin bureau ; sur le côté une fenêtre donne sur la piscine, en face un écran plasma géant...  Dans la large armoire-placard, deux superbes sorties de bains marquées aux armes de l'hôtel, mais pour les conserver en partant, il faut payer 65 USD pièce.

Je sors de la chambre par un couloir espace de transition  qui dessert une salle de bains, deux locaux techniques avec dans l'un la chaufferie où il y a une table et un fer à repasser, dans l'autre une machine à laver et un sèche linge, et l'entrée qui ouvre sur un espace cuisine américaine-salon-balcon.

Tout cela pour moi seul. Je ne sais  où donner du regard : le second écran plasma dans le salon est aussi géant que celui de la chambre, la cuisine et la salle de bains sont hyperéquipées, y compris réfrigérateur  américain à glaçons, lave vaisselle, cuisinière-four, micro ondes et autres appareils électroménagers pour se faire du café grâce à des dosettes de café moulu  alimentées chaque jour, pour presser des fruits etc.

La salle de bains dans les tons noir et vert est elle aussi très fournie en savons, lotions, shampoings et autres produits d'hygiène ou beauté. Dans la cabine de douche profonde on peut étendre le bras sans toucher la paroi et elle est entièrement vitrée sur un côté, ce qui permet d'admirer un tableau représentant le lac de COMO ; j'ai une pensée pour Albert et Renata et je leur jure qu'en rentrant je trouverai un temps pour répondre à leur invitation et leur rendre visite avec Karoll qui adore les lacs italiens et les boutiques de Bellagio.

Je traverse le salon avec canapé et tabourets noirs design, table de verre et chaises stylées, pour aller sur le balcon grâce à un mur baie vitrée qui s'escamote totalement; je m'assois à l'américaine sur les fauteuils en osier les pieds sur la table de la même matière ; en bas la piscine est déserte et on entend seulement le clapotis du jacuzzi, le ciel est sans tache, la température douce, un vrai moment de luxe, mais de mon balcon on ne voit pas l'océan donc je décide de quitter ma chambre-appartement pour aller " voir la mer ".

Tout est calme, la moquette épaisse étouffe le bruit des pas, les ascenseurs sont silencieux, les "valets" sont en place pour ouvrir les portes ou bien aller chercher les voitures dans le garage. Je traverse South Bayshore Drive entre des pelotons de cyclistes du week end et sur le trottoir en face, qui longe l'océan, je croise une quantité de joggers qui préparent le semi marathon et le marathon de Miami la semaine prochaine. Je m'engage sur un ponton qui surplombe l'eau pour admirer le spectacle des mats des nombreux bateaux qui oscillent dans le port. Au loin la baie s'ouvre sur l'immensité et j'imagine  la vision de Cuba de Alberto Juantorena qui m'avait reçu en 1979 à La Havane. Le silence est total, c'est une émotion toujours forte d'avoir dans les yeux  la mer, l'horizon, le vaste monde et dans les oreilles, le silence, le néant, l'absence de tout signe de vie...

Le carillon de Stephen Church qui sonne au loin et appelle les fidèles à la prière me sort de ma rêverie. Je fais demi tour et je rentre à l'hôtel en faisant un crochet par une rue commerçante, juste pour le plaisir de marcher sur le sol US, de regarder, lire, ce que regardent et lisent les habitants de ce pays, car à cette heure les magasins sont fermés, et les passants sont rares, mais un  "good morning" de balayeur de rue ou de policier en service suffit à mon bonheur.

A l'hôtel tout le monde dort encore, aucun des transats de la piscine n'est occupé, je m'installe sur l'un d'eux en attendant qu'un athlète se lève pour partager avec lui le petit déjeuner. Deux grands yeux se portent sur moi, c'est Ladji Doucouré qui apparaît le premier dans un t-shirt jaune vif qui fait contraste  avec la couleur de sa peau; nous décidons d'attendre pour compléter une table. Avec Reina-Flor Okori, la perle de hurdleuse découverte et formée par Gérard LOUIS en Franche-Comté,  Sandra Gomis  la Nantaise et Imaad,  le compte est bon pour une table de cinq. 

Les chambres appartements avec cuisine équipée réduisent le nombre de clients pour le petit dej. Dans les hôtels de cette catégorie, les petits dej sont souvent somptueux et servis en buffet à volonté, là nous devons aller au restaurant de l'hôtel et commander chacun des oeufs bacon ou une omelette saucisse,  des pancakes ou des toasts pour  accompagner notre  tea or coffee. Cela prend du temps d'autant que peu à peu d'autres athlètes se réveillent et nous rejoignent,  y compris les trois Lyonnais et deux Guyanais arrivés en pleine nuit, compliquant la tâche du serveur qui ne sait plus qui a commandé quoi.

Murielle HURTIS et Kafétien GOMIS complètent avec Pascale la kiné notre table de huit. Les DARIEN père et fils rapprochent une table de la nôtre et s'y installent avec  E BIRON, E LESUEUR, F GUEI. C LEMAITRE est à une autre table avec la Guyanaise M Angélique Lacordelle et son coach. RENAUD arrive le dernier avec la mine fatiguée du chauffeur de taxi qui a fait des aller retour aéroport jusqu'au bout de la nuit et les traits tirés du head coach qui doit boucler son budget avec les impondérables des billets d'avion  à payer en sus.
  
Aucune séance d'entraînement  au programme de ce samedi  pour récupérer du voyage et assumer le décalage horaire mais visite des installations de l'Université et  réunion coachs puis réunion athlètes et staff ; il faut aussi aller au supermarché pour faire les courses pour le petit dej voire certains dîners qui peuvent se préparer à l'hôtel. Les repas de midi et du soir peuvent se prendre au restaurant universitaire au tarif imbattable de 8 dollars 50.

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