Dimanche 12 juillet 1970
La matinée est radieuse. Le gazon du parc qui n'est pas loin de valoir son cousin britannique me donne envie de sauter, de courir... Le silence est absolu. Même l'eau de la rivière évite de faire du bruit en coulant. Quelques mouvements de gymnastique et puis c'est l'heure de la toilette dans la rivière.
Je ne sais pas si je vous ai dit que dans le parc il y a un bâtiment bas mais long. Cela ne peut pas être une église, ni une maison d'habitation. Tiens, voilà des visiteurs. Je m'approche...
"-Good morning Sir." Je lui explique qui nous sommes et comment nous avons atterri dans le parc. Cela l'amuse beaucoup. Il se présente à nous tandis que d'autres voitures viennent se garer doucement.
"-Nous sommes tous des quakers et cette propriété nous appartient. Nous sommes une congrégation religieuse très spéciale. Nous voulons bâtir une société des "amis". Nous nous réunissons ici chaque dimanche pour discuter des problèmes importants comme la guerre au Vietnam, le problème noir, la drogue, la jeunesse, etc. Nous essayons de secourir les malheureux en leur apportant un soutien matériel. A présent je dois vous quitter car la réunion commence. Restez-ici tant que vous voudrez.
-Thank you Sir."
Nous quittons le parc pour aller faire un tour en ville. Il est midi, il fait très chaud. Nous avons soif et faim. Yardley est une ville d'une propreté extrême, construite au bord de la Delaware River. Les rues sont calmes et les maisons très jolies bien que manquant un peu d'originalité. Elles sont toutes dans le même style très sudiste avec un perron et un balcon en bois. Autour de chaque maison, une magnifique pelouse comme on en voit dans le Sussex anglais.
Paul habite Yardley. J'essaie en vain de le joindre. Comme il fait très chaud nous décidons de piquer un plongeon dans le fleuve. Il doit y avoir un endroit aménagé pas très loin. Nous marchons lentement sur le bord de la route. Les gens nous regardent curieusement. En Amérique, les piétons sont rares! Par réflexe, je lève le pouce quand j'entends le bruit d'un moteur. Soudain, coup de freins, une magnifique Ford Mustang bleue métallisée s'arrête. Mister Pershing, le conducteur, est un businessman new-yorkais. Pendant la semaine ce doit être un monsieur atroce mais aujourd'hui c'est dimanche et même les hommes d'affaires ont des têtes agréables. Il apprécie notre esprit aventureux et se propose de nous emmener au bord de la rivière. Brutalement il s'arrête et fait demi-tour. "La rivière est trop sale, je vous emmène chez un copain, il a une piscine dans son jardin." Et sans sourciller il roule 10 miles dans le sens contraire de sa route. Deux heures plus tard il reviendra nous chercher pour nous conduire à notre tente. Nous passons le reste de la journée à faire de la lessive...
1 commentaire:
Nice, i love it.u should write a book called "a long walk on the other side of the atlantic"
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