mercredi, février 02, 2011

Miami-Houston-Miami-Paris-Metz : clap de fin

Je vous ai envoyé en live par l'intermédiaire de Mélu les résultats de Houston, le double  6.87 d'Imaad, vainqueur d'une des 14 séries très disputées, le quatrième de la série 10, celle d'Imaad est à 6.88.

C'était samedi, nous sommes mercredi. Je suis rentré à Metz mardi sans avoir eu le temps de vous narrer la rencontre avec Tom TELLEZ, la baisse du prix du repas pour tout notre groupe de 8 à 5 USD, puis la gratuité totale quand RENAUD m'a demandé d'aller déjeuner avec quatre athlètes, ni une balade matinale en voiture dans un quartier chic plein de propriétés quasi hollywoodiennes... ni la dernière soirée à HOUSTON au bar du Hilton qui ferme à 22h, ce qui nous a contraint à découvrir un quartier de la ville animé beaucoup plus tardivement, y compris par une partie des 2000 Français qui vivent à HOUSTON, dont la sœur de Hugues Gremillet, un des sprinters du top clan à moins de 7.00...

Pas le temps non plus de raconter le retour à Miami dimanche sous toutes les larmes du ciel de Houston pleurant notre départ et arrosant les marathoniens qui disputaient leur épreuve annuelle, sous la pluie ; à Miami   même  jour,  marathon aussi  mais sous un  grand soleil.

Retrouvailles avec le doc Arthur, Ladji, Christophe et Garfield, restés au Mutiny Hotel pendant que nous étions à La Quinta Houston.

Lundi matin, la séance musculation  d'Imaad a été écourtée et remplacée  par une longue promenade debriefing de la compet et de la saison à venir, du stage et de notre longue collaboration qui a franchi le cap toujours difficile des relations de sept ans d'âge. Ces" tête à tête" font partie des exigences de mon coaching et servent autant et plus au coach qu'à l'athlète.

La journée a aussi été consacrée au shopping, au bilan du stage, a un dernier repas collectif au restaurant argentin.

Lundi il faisait 26 degrés au bord de la piscine de l'hôtel, mais le bain de soleil a été réduit par  les bagages, les derniers achats, le départ en navettes successives  à l'aéroport avec la dernière voiture de location en notre possession.

Le vol retardé, les dernières emplettes, le retour long et fatigant sans trouver le sommeil  dans notre 747 à deux étages .

L'arrivée à Roissy, température extérieure, moins cinq degrés.

Les "au revoir à AUBIERE" . Séparations.

L'attente du TGV de Roissy pour Metz en compagnie de Guillaume, le journaliste de Fance 3, venu récupérer une  caméra et nous dire que le reportage était passé sur Tout Le Sport.

Le retour psychique sur terre et géographique en Lorraine.

Les terribles manques affectifs  que chacun des deux côtés de l'Atlantique avait choisi de combler à sa façon pour combattre l'attente.

Tout cela est impossible à dire.

Donc j'ai choisi un seul point final à ce stage et à celui de 1970 qui s'interrompt lui à mi parcours pour rejoindre le coffre de ma mémoire où il  est enfoui depuis plus de 40 ans

.......

Je croise LEROY sur le stade, sans le voir,

 il y a tellement de choses à voir, tellement d'athlètes à regarder courir ou simplement faire des gammes d'échauffement, tellement d'athlètes et coachs de San Antonio à questionner sur Cendrillon, qui n'est pas là,
que je ne vois pas BURRELL

mais lui me voit et insiste pour que nous allions boire un verre.

Je le suis alors que je préférerais rester dans le gigantesque hall, où les équipes d'athlètes aux couleurs de leur université s'en donnent à cœur joie ; avec un speaker qui fait le job pour les motiver et encourager les spectateurs.

Leroy veut  m'offrir quelque chose à manger, je refuse, ce serait trop long, je vois MURIELLE et les filles du 400 qui se préparent.

" - Une simple sparkling water suffira, thank you, est-ce que TOM TELLEZ est arrivé ?
- Oui il est au premier étage nous allons le rejoindre mais avant cela je dois voir les journalistes de la TV, tu viens avec moi, on va leur dire que tu as traversé les USA en stop pour rencontrer coach Bud Winter, cela va leur plaire."

Présentations, je raconte 1970, ma rencontre manquée avec B WINTER mais je vis 2011 en direct, pas question cette fois de manquer TOM TELLEZ, il est  à quelques mètres de moi.

Depuis la coursive du premier étage, réservée aux journalistes et aux VIP, c'est magique, on domine toute la salle, je vois passer IMAAD, je lui crie que le coach de CARL LEWIS va nous recevoir, je cherche des yeux Renaud ou Daniel.

Stop, l'enregistrement  TV commence, il faut se taire ou s'éloigner,  LEROY répond aux questions, j'ai le temps de redescendre dans l'arène, trouver Renaud et Daniel. Nous rejoignons  BURRELL qui en a terminé  avec la TV et il nous présente TELLEZ.

Grosse émotion, nous nous faisons tout petits devant son palmarès de coach. Lui, grand seigneur, félicite la France pour un petit jeune à moins de 10 qui semble prometteur.

Le vainqueur du 60 du jour, Lacour, est un de ses boys. Coach TELLEZ  n'est donc pas en retraite ?

- Non mais je suis moins présent d'autant que je voyage beaucoup aux USA et dans le monde pour des "clinics".

Quelle est la différence entre l'athlé de LEWIS et de BOLT?

 - Not so much  except ONE STRIDE LESS

En une seule phrase il a tout dit.

Énorme parole de coach  presque du niveau de celle de BUD WINTER qui avait permis à EVANS de battre un record du monde du 400 qui a tenu 20 ans, alors que LEE pleurait avant la finale de MEXICO 1968, hésitant à courir cette finale que ses frères noirs des Black Panthers lui conseillaient de boycotter après le "silent gesture" de TOMMIE SMITH sur le podium du 200.

Toutes ces pensées d'hier et d'aujourd'hui se bousculent dans ma tête, je plane, mais Renaud assure et ne manque ni à la courtoisie, ni au respect dus au Maître qui répond à toutes les questions.

J'entends  dans un halo la voix du  grand coach, petit homme grisonnant, dans sa tenue vestimentaire d'un autre âge.

- Il n'y a rien de vraiment nouveau vous savez, sauf que BOLT fait une  foulée de moins que Carl  pour parcourir son 100, il passe plus de la moitié de ses 9.58 secondes à voler au dessus du sol.

Carl  faisait  une foulée de plus que lui,

Pour courir vite c'est simple, il faut avoir de la force pour faire avancer le bassin sur le chemin d'accélération

faire avancer le bassin avec la leading leg, tirer sur le paillasson, combien d'athlètes du clan ai-je saouler avec ces consignes répétées compulsivement  depuis que les coachs US les ont mises dans ma tête?

La conversation parfois s'interrompt, le silence est à la fois embarrassant et délicieux;

Etre simplement présent  au carl lewis meet 2011  comme c'est écrit sur le bracelet  que je porte au poignet pour entrer gratis et aller et venir partout sur le stade où les coachs sont les bienvenus contrairement  à ce qui se passe souvent en France,

être entre BURRELL et TELLEZ,  RENAUD ET DANIEL

 me suffit, apaise mon urgence du temps, calme mon excitation.

C'est bientôt le moment du 400, la belle Murielle est partie devant   à bloc,  Marie  Angélique suit difficilement et Floria est décrochée, seule la Jamaïcaine est dans un bon tempo, la suite est prévisible, victoire pour la Jamaïcaine qui a l'élégance de venir remercier les Françaises allongées au sol, Murielle termine  à l'agonie, remontée et doublée par tout le monde.

Je lui tends la main pour l'aider à se relever, elle a encore la force de remercier d'un sourire sans aucune réaction d'humeur contre le mauvais sort et le mauvais chrono ; plus tard elle ironisera même sur sa perf qualificative pour les N2. Le palmarès  d'une athlète de haut niveau attendue au meeting de Moscou, le charme et l'humour en prime, Murielle Hurtis c'est  vraiment la grande classe.
 M A récupère dans la douleur comme après sa séance lactique et FLORIA se reproche d'être partie trop lentement

Manu  Biron savoure un double pb /7.74, Sandra sa victoire sinon son chrono, Eloyse ses minima pour Bercy.

Kafetien, élu capitaine de la tournée à l'unanimité des voix de Renaud  et du capital de sympathie qu'il diffuse à chacun,  ne se satisfait pas de ses deux meilleurs essais, pour lui c'est désormais  à partir de 8m que l'on doit mesurer ses sauts.

Ayo regrette de n'avoir pas couru plus vite devant devant sa  famille de philosophes universitaires afro- américains  qu'elle a découverte et chez laquelle elle a passé la nuit  et elle... fomente ses arguments pour tenir tête à coach Darien.

La Reine des fleurs est toute heureuse de pouvoir faire mentir la médecine  et d'entrer en finale pour son retour sur les haies.

Je  me demande comment remercier Renaud  pour ce super training camp.

"Quand tu m'as dit avant  la finale des france élite à Valence que  que tu  étais intéressé pour venir à tes frais, j'ai senti ta motivation mais si j'emmène un coach, même à ses frais, je suis certain de susciter d'autres demandes que je ne peux pas gérer, donc sans te fermer la porte je ne t'ai rien promis, puis j'ai vu IMAAD faire 10.39 en finale, puis je l'ai vu lancer le relais à Barcelone en séries, puis d'autres athlètes et coachs ont décliné mon invitation... tu et vous êtes à votre place ici, invités au même titre que tous les autres athlètes et coachs présents, les remerciements c'est en perfs et en médailles que la ffa les attend... à Bercy à Aubière et Daegu, il faudra cette  année encore  prouver que CE STAGE est utile, comme les années précédentes pour que ce stage soit pérennisé, seuls les résultats des stagiaires peuvent démontrer si  se confronter aux meilleurs mondiaux est  utile ou non, que faire du biquotidien sous le soleil sans aucun blessé à déclarer est utile, que regrouper les meilleurs français et certains de ceux qui veulent le devenir est utile, que faire circuler la parole entre deux coachs aussi différents que  Ragni et Darien est utile, que faire faire  un  exo de ppg de Imaad est utile  à  Ladji,  que regarder un étirement balistique de Garfield  ou chronométrer Christophe ou les filles du 400 est utile  au coach d' Imaad.... nulle part ailleurs dans le monde, en janvier, on ne peut réunir la météo, les installations, le niveau de concurrence et l'environnement stimulant dont nous avons bénéficié ici..."


DIFFICILE de contredire  coach LONGUEVRE,  dont les énonciations sont au niveau de ses énoncés sauf sur un point : celui des remerciements... je lui demande d'en accepter en avance certains dès aujourd'hui, il me les rendra si Imaad fait des perfs...


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