mardi, février 01, 2011

Flashback 19. San Jose

Lundi 27 juillet 1970

Breakfast chez Michel puis visite de l'université, des amphis, des installations sportives, des laboratoires... Toujours la même profusion. L'après-midi nous quittons Berkeley avec nos sacs cette fois pour San Jose. Longue attente avant de trouver une voiture qui va à L.A. Trois drogués, 45, 20, 20 ans. Ils nous donnent une cigarette... Accident sur la route. Nous roulons à 100/110. Le pneu avant d'une voiture devant nous éclate. Le mec freine. Derrière lui un convoi exceptionnel : un gars qui tracte sa maison derrière lui. Pas une caravane, non, une maison, une vraie, longue, très longue, plusieurs pièces, c'est très courant aux USA ; il freine aussi, il a le temps, mais le camion en troisième position n'a ni le temps de freiner, ni la place pour l'éviter. Résultat : le camion se retrouve dans la salle à manger, sans même avoir été invité...

Nos trois drogués nous offrent une nouvelle cigarette, nous ne savons même pas si c'est du hash ou de la mariejeanne. Resterons-nous avec eux jusqu'à Los Angeles? Non, San Jose, c'est la patrie des sprinters noirs, Tommie Smith, Carlos, Evans et du fameux coach Bud Winter. Je veux les voir, leur parler... Il fait toujours très chaud. San Jose est une très jolie ville, très bien entretenue. L'université est d'un luxe incroyable, un véritable hôtel. De la moquette partout, des fauteuils, des salles de lecture, une discothèque, le cinéma, la télévision... Un campus très bien dessiné avec des pelouses, des fleurs, des arbres... Nous discutons avec les étudiants et leur disons notre émerveillement : " Comment? San Jose merveilleux? Et bien alors si vous alliez à Sant Cruz!..."

Le prof responsable département français est en vacances, pas de chance. Nous réussissons tout de même à obtenir l'adresse d'un Français qui vient d'arriver à San Jose. Il loge rue San Fernando. Le gars est sympa. Il demande à ses proprios s'il n'y a pas de place pour nous. "-Mais si", nous répondent les patrons japonais avec un sourire jusqu'aux oreilles. "- Ne vous méprenez pas, nous dit le Français, ils ont toujours ce sourire, même quand ils viennent vous engu..."

Il fait chaud toujours et le meilleur moyen de se rafraîchir est encore d'aller à la piscine, ce que nous faisons d'autant que tout est gratuit. Dans les couloirs sont affichés les prestigieux records de l'équipe d'athlétisme. Je rêve devant les photos des dieux du stade et... perds mes camarades. Après la piscine, nous assistons à une représentation théâtrale donnée par les étudiants puis nous allons faire un tour en ville où je me fais prendre par les flics en traversant au rouge. Toujours la même tactique, je fais semblant de ne rien comprendre et très vite ils abandonnent.

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