dimanche, janvier 23, 2011

Journal Miami - 10

Samedi 22 janvier 2011

J'ai encore tourné les robinets dans le mauvais sens et l'eau ne coule pas quand je crois les ouvrir, puis gicle à flots quand je crois les fermer...Voilà encore des détails qui nous différencient des Américains, les prises d'électricité et le sens des robinets.

Le temps est gris, la pluie menace, on sent les premières gouttes quand nous arrivons au stade occupé par les coachs US qui nous demandent de leur laisser la piste jusqu'à 13h et d'aller en muscu en attendant. Ceux d'entre nous qui avaient muscu ne sont pas gênés, ceux qui comme Imaad ont une séance course, non plus, car courir à 13h est plus confortable qu'à 10/11h.

Imaad et moi rentrons à l'hôtel seuls dans la voiture, ce qui nous permet de discuter plus librement ; il se sent mieux que la veille, prêt à faire la séance spécifique, qui est sa 70° séance depuis la reprise en octobre... Il accepte l'idée de faire un 250 puis nous aviserons pour ajouter ou non une ou deux distances plus courtes à cette séance.

A 13 h nous sommes de nouveau sur le stade, seuls avec la sauteuse en hauteur et sa mère-coach ex championne ; les autres athlètes et coachs US ou français ont disparu mais le soleil est apparu, les conditions sont idéales en dehors d'un petit vent défavorable.

Je propose à Imaad de courir en partant du milieu de la ligne droite d'arrivée pour éviter le vent contraire mais cela le contraint à courir au couloir 1 ; il choisit de courir couloir 4 sens normal face au vent faiblement défavorable.

Imaad s'échauffe seul, je le regarde faire sans rien dire, il entre lentement dans sa séance, je lui demande s'il veut faire des gammes voire des haies basses, il n'est pas intéressé, soit. Dans ce cas je lui souligne  qu'il doit  s'échauffer longuement et progressivement de plus en plus intensément.

Arrive Reina Flor oubliée par Kafétien et les stagiaires qui étaient avec elle en muscu ; je dois la faire attendre ou la ramener à l'hôtel et laisser Imaad seul au stade ; il me dit de la ramener et quand je suis de retour, la  sauteuse bulgare et sa mère sont parties,  Imaad est absolument seul sur le stade désert, baigné par le soleil.

Il est prêt, nous sommes sur la piste d'un stade  en Floride entouré de cocotiers,  au milieu d'une université de plus de 3000 étudiants qui ont acquitté des droits d'inscription compris entre 30 000 et 40 000 dollars. C'est un Grand moment de complicité, enivrant. Je ne manque pas l'occasion de mettre cet instant délicieux en paroles, nous revenons sur nos débats éternels, mais en maîtrisant nos affects pour les théoriser. J'appelle Edgar MORIN à la rescousse pour objectiver la complexité de notre relation entraîneur entraîné, Imaad évoque la théorie du chaos, nous sommes en phase, je révèle à IMAAD quel rôle je dois jouer pour être son entraîneur, il a bien compris que je suis dans l'obligation de me positionner en mentor, d'exiger trop de lui; moi de mon côté  j'accepte une résistance de sa part qui est légitime.

NOUS devons avancer dans un espace inconnu, totalement  vierge pour deux Lorrains. Sans exclure aucune hypothèse sur l'avenir dont nous ignorons tout, y compris si cet avenir doit nous rapprocher ou nous séparer.
IMAAD me dit que nous devrons approfondir  ce point car il n'envisage pas de rompre notre relation unilatéralement ; je lui réponds que ce serait plus facile pour lui à présent de changer de coach, que pour moi de retrouver un sprinter qui vise moins de 10.39, mais que tout est envisageable, tout est possible, et que c'est notre responsabilité d'embellir ou d'enlaidir nos destins de nos différences.

27.6  au 250

C'est mieux que le 170 en 19 mais je ne modifie pas mon coaching et je laisse la parole à IMAAD qui doit décider si ce qu'il vient de produire suffit ou non, je ne lui répète que le principe. Si c'est très bon tu t'arrêtes là, si c'est bon on refait un parcours plus court mais pas deux en stage, on réserve cela pour les séances hors stage, si c'est lent on s'arrête.

"- Si j'ai couru en 28 je refais un parcours, à moins  ou plus de 28,  27 ou 29 je stoppe là.

- 27.6 Imaad.

- C'est mon meilleur temps, j'avais un pb à 27.8 réussi l'été dernier à mon top avec à peu près le même nombre de séances dans les jambes; là je commence seulement à monter en puisssance, 27.6 c'est très bon, j'arrête.

- Ok. Demain dimanche repos, lundi deux séances dont alactique, mardi une ppg, mercredi vitesse starts, jeudi voyage au Texas, vendredi  on verra , samedi  compet, dimanche retour  Miami veille du retour en FRANCE ; Renaud doit nous réunir pour décider. Tu auras fait 15/16 séances, tu en seras à 75 depuis la reprise, donc nous n'aurons pas atteint les 100  cet hiver, il nous restera une grande marge pour l'été et pour 2012.

Après 16 séances de stage, on va réduire à 16 séances en février, ton organisme va surcompenser, tu seras à ton pic de forme physique, il te reste à mentaliser tes rendez vous."

Nous sommes bien, nous profitons de ces moments exquis d'après séance bien passée. Il est plus de 14h, Imaad me demande si j'ai mangé; lui a  fait un copieux petit dej en prévision de la séance, il n'a pas faim, je lui dis que moi non  plus je n'ai pas faim, pourtant je n'ai rien avalé depuis hier soir, mais les coachs se nourrissent des bons chronos des athlètes.

Allons faire un tour avant de rentrer, propose Imaad.

Nous marchons en devisant à travers le campus, le long d'un petit lac avec des jets d'eau, près d'une piscine et arrivons à un auditorium; nous y pénétrons, tout est sombre, c'est de la musique électronique, nous ressortons,

- nous ne sommes pas assez cultivés musicalement pour comprendre me dit Imaad.

- Reina Flor est intéressée par une visite  au musée d'art moderne,

- Je sais elle m'en a parlé aussi.

- Mais il y a peu de candidats pour l'accompagner. Pourquoi pas demain dimanche ?

Nous arrivons au magasin central après être passés devant un restaurant ouvert au public non universitaire. L'université Hurricane Miami est privée, tout est bon pour faire rentrer de l'argent. Imaad achète un sweat et un sac aux couleurs de l'université.

Retour au parking, je lui propose qu'il prenne le volant, nous rentrons; il me dépose en route devant un fast food proche de l'hôtel.

Je croise Christophe, Renaud et deux journalistes de l'Equipe venus de Paris pour voir le champion d'Europe  en stage, qui va faire sa séance muscu dans la salle de fitness SHAQ.

- Ce soir  match de basket, rdv dans le hall à 17h30, ok Christophe ?

- OK

1 commentaire:

KTM a dit…

WEEK-END EXCEPTIONNEL CHAPELIER FOU:


En partenariat avec le Centre Pompidou-Metz.


L'occasion de contaminer sur la longueur,et la langueur vôtre système nerveux,de se retrouver soudainement anéanti par cette musique utopique, guidant vers la torpeur,et la béatitude.



MERCREDI 16 FÉVRIER | 14 :00 | Atelier/ Workshop animé par Louis Warynski aka Chapelier Fou. (Jauge limitée)

VENDREDI 18 FÉVRIER | Chapelier Fou vs Chefs d’œuvre ? | Interventions régulières pendant la journée.

Chapelier Fou investit l’exposition Chefs d’œuvre ? et y propose des créations de Ligetyi et Moondog en écho aux oeuvres proposées.

VENDREDI 18 FÉVRIER | 21:00 | Carte blanche au Chapelier Fou

CHAPELIER FOU + LAETITIA SHERIFF + WE ONLY SAID