samedi, octobre 25, 2014

QUENTIN ET BRUNO DE PASSAGE AU CARTEL







 Quentin  et BRUNO  sont  passés à l' Anneau  cet  après midi pendant le stage  Toussaint du CARTEL DES POTES ET DU CLAN .  Ils  nous ont parlé de leurs  projets  moins d'une semaine après que ce thème du PROJET  de l'athlète a fait l' objet  d'une réunion de travail  de tous les coachs  du  club  autour du président  et  moins de deux heures après une auto-régulation du CARTEL consacrée en partie à ce même thème du PROJET  de l'athlète qui tel  l'esquisse d'un architecte ou  le projet  pédagogique  du  prof  ou le projet politique des gouvernants  DOIT  PRECEDER la phase de  réalisation du bâtiment , des cours à dispenser, des actions de gouvernement, des programmes d'entraînement  . 

 Les  deux lanceurs nous ont demandé de ne rien révéler des options qui s' offrent à eux pour construire  la suite de leur destin   qu'ils ont tenu  à  nous faire partager . Nous attendrons  donc leur feu vert  pour en parler mais leurs paroles amicales , énoncées avec intelligence et humour nous indiquent que le temps qui  passe les éloigne des travers du dopage  mais aussi de ressentiments plein d'affects qui ne permettent  jamais    ou rarement de  sortir par le haut   des impasses  ....

Le respect de l'éthique ,et  de  la dimension humaine  sont de puissantes   sources de motivation  que les potes et le CLAN  privilégient  et  développent avec le concours  d'un lanceur de marteau  suspendu et d'un autre sans coach qui  viennent  leur faire don de confidences et de conseils  qui n'ont pas de prix,  QUENTIN  m'a demandé de lire le passage  en rouge de l'artIcle qui suit paru dans LE MONDE .......lisez le et vous ferez connaissance  avec  un  ex   cadet petit volubile  que  ses erreurs d'athlète espoir ou  junior  n'ont pas fait disparaître de mon estime  et affection  ......

Dopage : l'affaire

 Bigot-Piolanti, parole 

contre parole


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Quentin Bigot aux Jeux olympiques de Londres, en août 2012.

Une enquête et deux versions qui s'opposent. Depuis la révélation en juillet du contrôle positif de Quentin Bigot au stanozolol – un anabolisant – et les accusations portées par le lanceur de marteau à l'encontre de son ex-entraîneur Raphaël Piolanti, c'est parole contre parole.

D'un côté, l'athlète, qui assure que son ancien entraîneur l'aurait initié au dopage et lui aurait fourni des produits illicites. De l'autre, un entraîneur qui nie et accuse son ancien lanceur de s'être défaussé sur lui pour se voir infliger une sanction moins lourde.
Jeudi 9 octobre, l'avocate de Raphaël Piolanti a demandé, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz, l'annulation de sa mise en examen. La décision devrait être connue le 30 octobre.
Fin septembre, les deux hommes ont accepté de parler au Monde. Verbatims.
  • En septembre 2013, Quentin Bigot est interpellé dans une pharmacie de Sarrebrück (Allemagne) par la police allemande avec une ordonnance falsifiée. Il est rapidement relâché par les policiers, et l'affaire n'est pas rendue publique à l'époque.
Raphaël Piolanti « Il se fait arrêter par les policiers dans cette pharmacie à Sarrebrück avec une ordonnance falsifiée. Il est auditionné, il le reconnaît, c'est dans le dossier. Il m'appelle même du commissariat en Allemagne pour me demander de me faire passer pour la personne qui est sur l'ordonnance. Je lui ai dit : “Maintenant, tu prends tes responsabilités, mais moi je ne veux plus riensavoir.” »

Quentin Bigot : « Oui, j'ai été en Allemagne, à Sarrebrück. Je me suis faitattraper par la police. J'ai appelé Raphaël Piolanti parce que je ne savais plus comment faire. Il était le seul au courant. Je l'appelle, je lui demande : “Qu'est-ce que je fais ?” Il me dit : “Bon, écoute, tu leur donnes mon numéro, s'ils m'appellent je leur dis que je suis ton beau-père…” Ça n'a pas été jusque là. Je n'ai signé aucun papier. Les policiers ont voulu me coller une bonne frousse. J'ai eu la peur de ma vie. C'était la première fois que j'y allais… Piolanti aimait bien se faire une marge sur les produits et, à un moment donné, je me suis dit :“Il fait des prix pas possibles, c'est pas ça qu'on payait avant, ça a augmenté.” A un moment, il m'a dit : “Démerde-toi !” »
  • Le 24 juillet, en commission de discipline, Quentin Bigot ne reconnaît pas seulement son contrôle positif au stanozolol du 21 juin. Il dit sedoper depuis 2012, avant les Jeux de Londres, et met en cause son entraîneur.
« Il s'est dit : ‘On va charger mon ex-entraîneur à mort.' C'est de la stratégie, aucun état d'âme. »
Raphaël Piolanti « Pourquoi dit-il ça ? Pour avoir le minimum de suspension, en se présentant comme victime, non responsable, et forcée. Dans le compte-rendu de la Fédération, il est bien dit que le fait decollaborer peut lui permettre de réduire sa suspension. Avec les substances retrouvées dans ses urines, normalement il aurait dû avoir quatre ans ferme. Il a finalement eu deux ans ferme et deux ans avec suris. Mais lui, dans sa tête, se disait : “On va charger mon ex-entraîneur à mort.” C'est de la stratégie, aucun état d'âme. De toute façon je ne l'entraînais plus, donc il se disait : “Qu'est-ce que j'ai à perdre à dire que c'est lui ?” »

Quentin Bigot : « Quand je suis passé devant la commission, le fait que je dise – et je le savais très bien – que je prenais des produits depuis deux ans, que ce n'était pas la première fois, cela constituait une circonstance aggravante dans le code mondial antidopage. Donc il faut qu'il (son ex-entraîneur) arrête de dire que je me suis défaussé sur lui pour prendreune plus petite peine. Je savais très bien qu'en allant en commission et en disant : “Ecoutez, ce n'est pas la première fois que je prends des produits”,j'allais avoir une circonstance aggravante. Et c'est ce qui s'est passé. Je n'aurais pas dû avoir quatre ans normalement, j'aurais dû avoir deux ans si j'avais dit que c'était la première fois. »
« Pour moi, c'était logique d'arrêter le système en place. Je ne me suis pas défaussé sur lui, je prends mes parts de responsabilité. Il m'a apporté la solution sur un plateau d'argent, je l'ai prise, là est ma part de responsabilité. Je suis coupable. Adam et Eve ont croqué la pomme, j'ai fait pareil. Mais le serpent dans l'arbre qui disait “Mange la pomme”, c'était lui. Lui est fautif, moi aussi. Je le paie en étant suspendu et en ayant une vie compliquée aujourd'hui. »
  • Deux mois après la révélation de l'affaire, l'entraîneur et son athlète reconnaissent avoir des regrets. Mais pas les mêmes.
Raphaël Piolanti dit regretter de ne pas avoir inscrit Quentin Bigot sur la liste cible – une liste d'athlètes particulièrement surveillés – après l'épisode de son interpellation à Sarrebrück, en septembre 2013. « Voyez dans quelle situation je suis. Si j'avais fait ça [l'inscrire sur la liste], je pense que je ne serais pas dans cette situation-là. » Me Marlène Schott, l'avocate de l'ex-entraîneur, ajoute : « M. Piolanti a entraîné M. Bigot pendant des années. Pour lui, c'était difficile de se dire “Il déconne, il faut que je l'inscrive sur liste cible”. M. Piolanti dit qu'il n'est pas le seul à être au courant de l'épisode de Sarrebrück. Il dit à juste raison qu'il n'y a pas que lui qui n'a rien fait. C'est vrai qu'il le regrette, on en a déjà parlé plusieurs fois. »
« Il n'y avait que Raphaël et le groupe. Exclus de tout, dans notre forêt à Amnéville. »
Quentin Bigot « Le regret que j'ai eu, c'est de ne pas m'être séparé avant de Raphaël. Et d'être resté en vase clos avec lui. Il n'y avait que Raphaël et le groupe, dans notre forêt à Amnéville, exclus de tout. Cela faisait déjà quelque temps que je voulais partir, parce qu'il y avait déjà d'autres soucis que le dopage. Raphaël n'est pas forcément facile à vivre. »
  • Depuis leur confrontation lors de la garde-à-vue de M. Piolanti, les deux hommes ne se sont pas vus. Mis en examen, l'entraîneur a l'interdiction de voirses anciens athlètes.
Raphaël Piolanti « Il s'est servi de moi pour avoir le minimum. C'est affreux. Ce type-là, je n'ai plus envie de lui parler, il m'a énormément déçu. Il faut le bannir du monde du sport. Quand on sait tout ce qu'il a fait comme conneries pour arriver où il en est aujourd'hui… Il n'a aucune excuse. »

Quentin Bigot « Raphaël, c'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'affection. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu. Je sais qu'il n'est pas bien, que sa femme n'est pas bien. Aujourd'hui, j'aurais envie d'aller le voir, de lui taper sur l'épaule et de lui dire : “Putain, qu'est-ce qu'on a été cons !” Tous les deux. J'ai ma part de responsabilité, mais lui en a une grosse part aussi. »
  • L'avenir, incertain pour les deux hommes.
« Mon objectif, c'est de prouver que je suis innocent. Mais le sport, c'est fini pour moi. »
Raphaël Piolanti « Mon objectif, c'est de prouver que je n'ai strictement rien à voir dans cette histoire. Que je suis innocent. Mais le sport, c'est fini pour moi. Il n'y a pas vraiment de gens qui m'ont soutenu dans le milieu. Quelque part, je me suis fait taper dessus pendant la période en garde à vue, où je n'ai rien pufaire et je ne savais pas ce qu'il se passait. Dans la presse, tout était accablant. Mais dans les faits, qu'est-ce qu'il y avait ? Rien. Les enquêteurs sont venus chez moi. Ils pensaient qu'ils allaient trouver quoi ? Des caisses de produits de je sais pas trop quoi ? 

Des livres d'ordonnances ? Il n'y avait rien. L'expertise des ordinateurs n'a rien donné. »

Quentin Bigot « Je me dis : “Est-ce que ça vaut le coup d'essayer de me requalifier aux Jeux ?” Mais j'aurai toujours cette étiquette de sportif dopé, qui tiendra des années... Ou est-ce que je passe à autre chose et je reconstruis ma vie sans perdre ma maison, sans perdre ce que j'ai ? J'ai déjà assez perdu dans l'histoire. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de se remettre en selle ? Ce sont des questions que je me pose encore aujourd'hui. »

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