vendredi, février 26, 2016

COLLOQUE DU 5 MARS

Témoignage   sur  la douleur  en vélo. 


La passion doux leurre.



Il y a quelque chose comme ça dans le cyclisme, c’est un sport extrême. Et il est possible de lui donner ce qualificatif en regard du thème de ce colloque, « Corps douloureux ».

L’extrême, concerne la soumission du corps à l’esprit d’un sacrifice quand la compétition est en jeu. L’extrême y est signalé par une devise qui peut ouvrir sur une réussite dans ce domaine : « Il faut savoir se faire mal ».  Encaisser la souffrance est un gage de qualité.

Soit, une pratique de la douleur infligée au corps avec pour perspective, la supporter le plus loin possible, plus loin que les autres, pour vaincre. Il y a là une conception de la limite et de son au-delà devant laquelle la responsabilité du sujet est convoquée dans son acte.

J’ai participé à cette épreuve, passionné du cyclisme, et puis cela s’est arrêté. Françoise Labridy m’a demandé.

Comment cela s’est passé pour toi ?

S’entendre répondre, « Je gardais les pieds sur terre », pour quelqu’un qui passait tant de temps sur deux roues, c’est assez étonnant. En fait, je n’ai jamais voulu appliquer cette devise d’un savoir souffrir. Et un jour, alors que je m’infligeais le pire à vouloir suivre les autres dans une compétition, une nausée m’est venue soudainement de toute cette souffrance. Je me suis dit, « mais qu’est-ce que je fais là ? ». C’était fini, je me suis arrêté tout de suite et je n’y suis plus revenu. Enfin presque, il y avait un reste. Le rêve était brisé, le mien était de gagner, en donnant et en ayant l’impression de me promener, sans souffrir justement.



Eric Dubuc,

Psychanalyste

ACF IDF, Envers de Paris,

49, rue Bargue

75015 Paris

06 74 72 14 56

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