La passion doux
leurre.
Il y a quelque
chose comme ça dans le cyclisme, c’est un sport extrême. Et il est possible de
lui donner ce qualificatif en regard du thème de ce colloque, « Corps
douloureux ».
L’extrême,
concerne la soumission du corps à l’esprit d’un sacrifice quand la compétition est
en jeu. L’extrême y est signalé par une devise qui peut ouvrir sur une réussite dans
ce domaine : « Il faut savoir se faire mal ». Encaisser la souffrance est un gage de
qualité.
Soit, une
pratique de la douleur infligée au corps avec pour perspective, la supporter le
plus loin possible, plus loin que les autres, pour vaincre. Il y a là une conception
de la limite et de son au-delà devant laquelle la responsabilité du sujet est
convoquée dans son acte.
J’ai participé à
cette épreuve, passionné du cyclisme, et puis cela s’est arrêté. Françoise Labridy
m’a demandé.
Comment cela
s’est passé pour toi ?
S’entendre
répondre, « Je gardais les pieds sur terre », pour quelqu’un qui passait
tant de temps sur deux roues, c’est assez étonnant. En fait, je n’ai jamais
voulu appliquer cette devise d’un savoir souffrir. Et un jour, alors que je
m’infligeais le pire à vouloir suivre les autres dans une compétition, une
nausée m’est venue soudainement de toute cette souffrance. Je me suis dit, « mais
qu’est-ce que je fais là ? ». C’était fini, je me suis arrêté tout de
suite et je n’y suis plus revenu. Enfin presque, il y avait un reste. Le rêve
était brisé, le mien était de gagner, en donnant et en ayant l’impression de me
promener, sans souffrir justement.
Eric Dubuc,
Psychanalyste
ACF IDF, Envers de Paris,
49, rue Bargue
75015 Paris
06 74 72 14 56
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